Panorama des activités en essor dans le Val d’Essonne : 2024, une vitalité économique renouvelée

À Ballancourt-sur-Essonne, une pépinière artisanale pleine… et des listes d’attente

Dans la zone d’activités de Prairie, à Ballancourt-sur-Essonne, il n’est plus possible d’obtenir un atelier en 2024 sans patienter : plusieurs listes d’attente témoignent d’une demande forte, principalement de la part d’artisans du bâtiment ou de la filière bois. À quelques kilomètres, la pépinière d’entreprises Arvalis (gérée par la Communauté de communes du Val d’Essonne, CCVE) affiche complet pour la première fois depuis sa création, selon le dernier rapport d’activités de la collectivité. Si beaucoup d’attention médiatique se focalise sur les grands projets en bordure de l’A6, le tissu économique – lui – se renouvelle discrètement ici, à coups de petites entreprises qui cherchent à s’ancrer localement.

Pourquoi ce regain ? Le contexte national pèse, entre inflation sur la construction neuve et besoin de proximité pour la rénovation énergétique. Mais dans le Val d’Essonne, la tradition artisanale, les loyers encore abordables et l’existence de dispositifs d’accompagnement (prêts, ateliers-relais, club d’entreprises) jouent un rôle moteur.

Chiffres-clés

  • 75% des locaux des zones d’activités CCVE dédiés à l’artisanat sont occupés en continu depuis 2022 (source : synthèse territoriale CCVE 2023).
  • Près de 40% des créations d’entreprise déposées en 2023 sur le territoire concernent les secteurs du bâtiment, rénovation-énergie et services à la personne (source : CCI Essonne).
  • Plus de 600 entreprises artisanales recensées sur le périmètre du Val d’Essonne (source : Annuaire CMA91, 2023).

Les circuits courts et l’agriculture locale se structurent

Entre Mennecy et Chevannes, l’essor des marchés en circuits courts n’est plus une tendance marginale. L’inauguration du Marché Fermier du Val d’Essonne (printemps 2024, à Fontenay-le-Vicomte) marque un nouveau cap. Il s’ajoute à toute une série d’initiatives : drive fermiers, AMAP locales (notamment à Mennecy, Écharcon ou Ballancourt), développement de l’agroécologie et agriculture bio.

Initiative Commune Date de création Participants/Producteurs
AMAP de Mennecy Mennecy 2007 150 familles, 9 producteurs
Marché Fermier du Val d’Essonne Fontenay-le-Vicomte 2024 15 producteurs locaux
Ferme de la Budinerie Chevannes 2013 Production maraîchère bio, vente à la ferme

Pourquoi c’est important pour le territoire ?

  • Dynamique économique : Les circuits courts génèrent en moyenne 3 à 4 emplois locaux pour chaque entrepreneur agricole (source : INRAE, 2023).
  • Résilience : L’agriculture locale a permis de sécuriser une partie des approvisionnements pendant les crises récentes (notamment Covid-19).
  • Valorisation foncière : Le maintien d’activités agricoles évite le mitage urbain et dynamise petits bourgs et villages.
C’est quoi une AMAP ?

Une Association pour le maintien d’une agriculture paysanne (AMAP) met directement en relation un producteur local et un groupe de consommateurs. Les paniers de produits sont distribués chaque semaine, ce qui assure un revenu fixe au producteur et permet aux habitants de consommer local et de saison.

Tiers-lieux et espaces collaboratifs : la nouvelle fabrique des initiatives

À Mennecy, d’anciens locaux associatifs ont laissé place à un tiers-lieu baptisé “La Manufacture”, qui voit défiler chaque mois des indépendants, des PME en quête de réinvention, ou des associations organisant leurs événements. Mais ce n’est qu’un exemple parmi d’autres, dans un territoire où la multiplication des espaces partagés accompagne une mutation du monde du travail.

  • “Le Lab”, à Ballancourt-sur-Essonne : coworking tourné vers le numérique et l’accompagnement à l'entrepreneuriat social.
  • “La Fabrique”, à Vert-le-Grand : lieu hybride consacré à la formation et à l’artisanat d’art (résidences d’artisans, réunions publiques, stages).
  • Des ateliers associatifs à Chevannes (rénovation de mobilier, recyclerie solidaire).

Ces nouveaux lieux favorisent l’émergence d’activités nouvelles (numérique, accompagnement à la transition écologique, économie circulaire).

Qu’est-ce qu’un tiers-lieu ?

Espace physique ouvert à différents publics, un tiers-lieu accueille à la fois des télétravailleurs, des porteurs de projets, des associations et parfois des services publics. Il favorise le lien social et le partage de ressources : locaux, outils, temps de formation.

Logistique et distribution : des transformations maîtrisées

Le Val d’Essonne bénéficie d’une situation géographique structurante, adossée aux grands axes autoroutiers (N104, A6). Depuis 2020, plusieurs plateformes sont sorties de terre dans les zones d’activités de Mennecy et Chevannes. Mais contrairement à certains territoires, ici, la dynamique reste contenue et sélective : priorité est donnée à la PME, au transport intégré, et aux acteurs qui respectent un cahier des charges local (emplois locaux, intégration paysagère).

  • Ouverture d’un centre de distribution logistique de 15 000 m² à Chevannes (2022), porté par un acteur local, avec engagement de recruter 70% d’effectifs issus du territoire (source : Essonne Développement).
  • Extension de la zone d’activités de la Bosse à Mennecy, pensée pour accueillir à la fois stockage, transformation, et logistique du dernier kilomètre (données CCVE, 2023).
  • Mise en place de navettes et d’un service de transport collaboratif pour les salariés des plateformes (expérimentation CCVE).

Focus : la logistique du dernier kilomètre

La logistique du dernier kilomètre désigne le segment final de la livraison, du site logistique jusqu’au consommateur. Avec l’essor du e-commerce, le secteur se transforme : le Val d’Essonne s’oriente vers de petits entrepôts urbains, mutualisés, plus respectueux du tissu existant et générateurs d’emplois accessibles.

L’économie circulaire : un secteur en structuration

Recycler, réemployer, réparer : une vingtaine d’associations et de micro-entreprises affichent ces mots-clés dans le Val d’Essonne. La recyclerie “Vie Seconde” à Ballancourt mobilise une dizaine de permanents, des salariés en insertion et des bénévoles. De nouvelles activités font leur apparition en 2023-2024 : ressourceries, réparation de vélos (notamment à Mennecy), ateliers de couture et de réutilisation de matériaux du BTP à Écharcon. Ces structures trouvent leur modèle grâce à des financements croisés : subventions ESS, investissement CCVE, et prestations de services auprès des entreprises.

  • Plus de 180 tonnes de matériaux revalorisés par an sur le territoire (source : rapport ESSonne en commun, 2023).
  • Transactions locales entre artisans et entreprises du secteur BTP, favorisant la baisse de 20% des déchets enfouis (2022-2023, source : Syndicat mixte SIREDOM).
  • Création de 25 emplois d’insertion sur la filière économie circulaire locale ces deux dernières années.

Encadré : Économie circulaire, de quoi parle-t-on ?

L’économie circulaire vise à prolonger la durée de vie des produits, à réutiliser ou recycler les matériaux et à limiter la production de déchets. Dans le Val d’Essonne, cela concerne la filière BTP, la réparation, la vente en ressourcerie, et parfois l’alimentation (scic, AMAP).

L’innovation discrète, mais réelle, dans le tissu des PME/TPE

À l’écart des grands clusters technologiques, le sud Essonne mise sur une innovation “territorialisée”. Exemple à Milly-la-Forêt : le regroupement de plusieurs PME de maintenance industrielle et d’équipements électriques, qui mutualisent achats, recrutements et formation avec le soutien de la Chambre de commerce et de l’industrie (CCI Essonne).

  • Développement de formations sur site, en partenariat avec Pôle Emploi et les lycées techniques alentours.
  • Lancement de micro-pépinières d’activités éphémères dans les anciens locaux vacants (testés à Itteville en 2024).
  • Ateliers “booster transition numérique” gratuits animés par les étudiants entrepreneurs de l’IUT d’Évry.

Cette logique favorise la croissance endogène : parmi les créations d’emplois recensées sur le territoire en 2023, 76% concernent des entreprises de moins de 10 salariés (source : Direccte Île-de-France, données Essonne).

Coopération, ancrage local et nouvelles habitudes : ce qui façonne la dynamique actuelle

Ce qui caractérise le Val d’Essonne aujourd’hui, plus que l’arrivée d’un “grand projet” ou le coup d’éclat d’un secteur, c’est l’enracinement progressif des activités dans la vie quotidienne. Les commerces de proximité enregistrent un frémissement, soutenus par des dispositifs type “Petites Villes de Demain” (à Ballancourt, Mennecy) et de nouveaux services (livraison à vélo, e-commerce local).

  • Appétence croissante pour la mutualisation : structures de l’ESS, entreprises, collectivités.
  • Montée en puissance de l’habitat partagé, y compris pour les seniors actifs ou les jeunes indépendants, souvent accueillis dans les tiers-lieux.
  • Renforcement du lien formation / emploi local : interventions régulières en collège, missions locales très actives.

Un territoire en mouvement qui tire profit de sa taille : ni trop petit pour manquer d’écosystème, ni trop grand pour laisser les acteurs se perdre de vue.

Poursuivre la dynamique, appuyer les réussites locales

Le Val d’Essonne affiche une vitalité économique qui ne se limite pas à sa proximité avec Paris ou à ses infrastructures : il s’agit d’un maillage d’activités – artisanat, logistique raisonnée, économie circulaire, circuits courts, PME innovantes – qui s’auto-entretient et se nourrit du dialogue permanent entre collectivités, entreprises et citoyens. Les initiatives citées ici ne marquent qu’une étape d’un mouvement profond. Soutenir cette dynamique, c’est aussi multiplier les points de contact, renforcer la visibilité de ce qui se construit localement et stimuler l’envie d’agir sur son propre territoire.

Sources principales : Rapports annuels CCVE, CCI Essonne, Essonne Développement, INRAE, Annuaire CMA91, rapport ESSonne en commun, SIREDOM, Direccte Île-de-France.

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